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Philosophie

Corine Pelluchon, Les nourritures

Plaidoyer pour un « cogito gourmand et engendré »...
Corine Pelluchon, Les nourritures                                (Éditions du Seuil, 2015)

 

Giovanni Cerri, La poétique de Platon

Pour en finir avec l’idée que Platon honnissait les poètes...
À propos de Giovanni Cerri, La poétique de Platon


(traduit de l’italien par Myrto Gondicas, Les Belles Lettres, coll. L’âne d’or, 2015)

Teresa Obolevitch, La philosophie religieuse russe

Une initiation à la pensée religieuse russe.
Teresa Obolevitch, La philosophie religieuse russe                         (Cerf, 2014)

Ce livre est un manuel de philosophie qui vient combler une lacune importante dans le champ francophone. Il a eu des prédécesseurs illustres, dont celui en deux volumes de Basile Zenkovski ou celui de G. Florovski, tous deux épuisés et difficiles à trouver. Cette Philosophie religieuse russe vient donc à point, complétant l’impressionnant et passionnant Dictionnaire de la philosophie russe publié il y a quelques années chez L’âge d’Homme : nous avons là deux outils précis et riches pour explorer cette philosophie par trop méconnue en France, et si peu utilisée.

Philippe Nouzille, Au-delà de soi. Révélation et phénoménologie (Hermann, 2014)

Chacun se souvient du mot de Térence : « je suis homme, et rien de ce qui est humain ne m’est étranger ». Le philosophe contemporain est en droit de lui ajouter une variante : « je suis phénoménologue, et rien – rien de ce qui apparaît dans le monde, jusque dans ses confins – ne m’est étranger ». Voilà qui devrait suffire à donner droit de cité à Dieu en phénoménologie, moyennant deux remarques de presque bon sens. La première que la révélation, si elle a lieu, a bien lieu dans le monde, comme révélation à notre humanité. La seconde qu’elle a lieu d’une manière propre à Dieu, qui diffère des conditions générales dans lesquelles des objets d’expérience nous sont donnés – phénoménalité à la limite (un lecteur de Maldiney dirait ici : à l’impossible), au-delà de l’horizon du monde (au-delà de tout horizon posé de manière a priori et qui pourrait contraindre la libre venue des phénomènes, donc aussi au-delà de l’horizon du monde) et au-delà de soi (pour reprendre le titre de l’ouvrage). Là commencent les difficultés que l’auteur s’emploie à dénouer avec intelligence, patience et clarté. Une révélation ne peut avoir lieu qu’à s’inscrire dans un espace où venir à la rencontre d’un soi, à condition d’ajouter aussitôt qu’elle ne laisse indemnes ni cet espace ni ce soi.

Pascal David, Essai sur Heidegger et le judaïsme. Le nom et le nombre (Cerf, 2015)

Au nombre des silences de Martin Heidegger, il y a celui qui porte sur le judaïsme. Au nombre des chantiers à ouvrir, il y a celui qui consiste à interpréter un tel silence ou le transformer en discours. À l’heure où la polémique à nouveau bat son plein au sujet de l’engagement politique de Heidegger, et pour savoir s’il est entaché ou non d’antisémitisme, il est heureux que nous disposions de l’essai de Pascal David. Essai – rarement mot fut aussi juste dans son alliage de prudence et d’audace, risquant des hypothèses qu’il faudra éprouver, confirmer, approfondir.

Philippe Grosos, Le réversible et l’irréversible. Essai sur la réversibilité des situations d’existence, (Hermann, 2014)

Vivre, est-ce avancer à l’ombre d’une certitude, celle de la marche funèbre de nos vies, ou bien est-ce être aspiré par le tourbillon des évènements, ces ouvertures au possible radical ? Autrement dit est-ce notre parcours obligé de la flèche du temps ou bien est-ce notre ballotement au gré des circonstances qui fait de nous des humains ? Le temps est-il notre maître ou bien notre ami, tout enfant qu’il est ? Exister est-ce un flottement d’écume, plus fragile mais plus précieux que le mouvement implacablement régulier des vagues qui le sous-tendent ? Dans cet essai, Philippe Grosos semble chercher à aplanir conceptuellement les chemins de l’espérance en partant comme d’un sous-entendu selon lequel nous n’aurions pas à espérer si ce qui définissait notre être n’était pas la fragilité indéterminée, manifestée par la réversibilité des situations d’existence, mais la détermination absolue de l’irréversible temporel.

Gilles A. Tiberghien : Notes sur la nature, la cabane et quelques autres choses (Le Félin, 2014)

Au long de voyages et de ces travaux sur l’esthétique des paysages, l’auteur a collecté des notes sur les cabanes, sur la singularité de ces constructions à la marge de la nature et du civilisé, dans les pas de Thoreau, Cavell, Kawamata, Wiitgenstein, du Vernont à Sognefjord, mais aussi dans ceux d’anonymes qui construisent des cabanes pour survivre ou pour vivre. La cabane n’est pas une maison en réduction, elle est née du tressage, de l’assemblage, elle est mobile par essence, et en cela « la cabane a quelque chose à voir avec le corps que nous sommes, la maison avec le corps que nous avons » (p. 44). 

Sabine Fos-Falque. La chair des émotions (Cerf, 2014)

Les émotions ont une chair, elles qui nous traversent de part en part, secouent notre corps, courent tout au long de notre peau et comme pour mieux atteindre le tréfonds l’âme. Mais elles ont aussi besoin d’un verbe. Le beau livre de Sabine Fos-Falque le leur donne. Pour cela, il fallait avant tout trouver le ton juste, accompagner chaque émotion d’une écriture qui lui soit accordée, avec ce rien de distance qui permet de n’être pas submergé tout en restant au contact de la chose même. Comme toujours dans les choses de pensée, cette justesse de ton ou d’écriture n’est rien d’anecdotique. Pour certains sujets, dès qu’il est question du sensible ou de l’affect, la justesse de la phrase est vitale. C’est même là la condition sine qua non pour s’orienter dans la forêt des affects.

Charles Péguy, dir. Camille Riquier, « Les cahiers du Cerf », 2014

Dans la floraison de publications sur Charles Péguy en ce centenaire, jusqu’à présent deux sortent du lot. Il y a le livre lumineux de Benoît Chantre, Péguy, point final (Le Félin, 2014), salué comme il se doit par beaucoup et sur lequel je ne reviendrai pas. Et il y a ce collectif, cette œuvre collective, dirigée par Camille Riquier (qui a aussi dirigé pour Nunc un dossier sur Péguy en février dernier, dans le numéro 32). Pour l’occasion, les éditions du Cerf ressuscitent la revue de leurs origines – La vie spirituelle – sous la forme des « Cahiers du Cerf ».

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